La nouvelle version 4 du CPT 3035 ne bouleverse pas l’isolation thermique par l’extérieur, mais elle met fin à plusieurs zones grises.
Huit ans après la version V3, le CPT 3035 V4 prend le relais. Entériné par le Groupe Spécialisé n° 7 le 2 juin 2026, ce nouveau Cahier des Prescriptions Techniques annule et remplace le texte de septembre 2018. Il encadre les systèmes d’isolation thermique extérieure par enduit sur isolant faisant l’objet d’un Avis Technique ou d’un Document Technique d’Application.
Ce n’est pas une révolution qui obligerait les façadiers à réapprendre entièrement leur métier. C’est plutôt une mise à jour de terrain : davantage d’isolants intégrés, des règles de pose mieux définies, des détails constructifs plus nombreux et moins de place laissée aux interprétations. Autrement dit, la V4 offre plus de possibilités, mais tolère moins les approximations.
L’une des évolutions les plus visibles concerne le domaine d’application. Là où la précédente version était principalement construite autour du polystyrène expansé, le CPT 3035 V4 couvre désormais les ETICS sous enduit utilisant du PSE blanc ou gris, de la laine minérale, des fibres de bois ou de la mousse phénolique, dès lors que le système complet est visé par un DTA ou un Avis Technique. L’épaisseur maximale des panneaux isolants visée par le document est de 300 mm.
Le texte ne s’arrête plus aux façades planes classiques. Il intègre également les parois courbes, les sous-faces de planchers et différentes configurations de rénovation ou de surisolation. Sur une paroi courbe, la pose verticale de panneaux plans est notamment prévue à partir d’un rayon de courbure de 17 mètres. Pour un rayon inférieur, des panneaux spécialement découpés ou moulés sont nécessaires, dans les configurations admises pour le PSE et la laine de roche.
Cette extension du domaine d’application ne signifie cependant pas que tous les produits peuvent être mélangés librement. Le principe reste impératif : les panneaux, colles, chevilles, treillis, sous-enduits et finitions doivent appartenir au système défini dans son AT ou son DTA. Remplacer un composant par un produit jugé « équivalent » fait sortir l’ouvrage de la configuration évaluée.
La possibilité de juxtaposer des panneaux horizontaux et verticaux est particulièrement intéressante autour des baies et dans les zones où le calepinage génère beaucoup de chutes.
Le CPT rappelle d’abord une règle simple en apparence : les panneaux doivent être posés bout à bout, parfaitement jointifs, à joints décalés, selon une pose en coupe de pierre. Le décalage entre les joints verticaux doit être d’au moins 200 mm et les panneaux doivent être harpés dans les angles. Autour des baies, les panneaux restent découpés en L pour éviter les joints filants.
La V4 resserre cependant la surveillance des jours entre panneaux. L’écart maximal retenu passe de 10 à 5 mm. Entre 5 et 10 mm, une reprise ponctuelle doit être réalisée avec une pièce du même isolant ou avec une mousse polyuréthane appropriée, suivant les prescriptions du système. Ce contrôle doit avoir lieu avant l’application de la couche de base armée : un joint simplement masqué par le sous-enduit ne devient pas un joint correctement traité.
Le double panneautage gagne en souplesse. L’ancienne répartition imposant deux tiers d’épaisseur pour une couche et un tiers pour l’autre disparaît. La couche d’isolant située vers l’extérieur doit néanmoins être fixée mécaniquement et le dimensionnement doit rester compatible avec les sollicitations du vent. La fibre de bois demeure un cas particulier, notamment en raison des contraintes de préperçage.
Côté collage, le PSE blanc posé uniquement avec des plots de colle et sans chevillage n’est plus admis. Pour une pose collée sans fixation mécanique, les solutions reposent sur un collage en plein ou sur des boudins périphériques complétés par des plots centraux. Pour le PSE gris posé par boudins et plots, les deux fixations mécaniques par panneau sont maintenues. Les boudins doivent mesurer au moins 30 mm de large et 10 mm d’épaisseur avant écrasement, tandis que les plots doivent présenter un diamètre minimal de 100 mm.
Dans une pose calée-chevillée, le calage par plots reste possible à raison d’au moins 12 plots par mètre carré, soit neuf plots pour un panneau de 1 200 × 600 mm. Le choix du mode de collage ne doit donc pas être décidé uniquement à partir du prix du sac : il dépend aussi de la planéité relevée, du format des panneaux et du mode de fixation prévu.
La pose d’un ETICS en sous-face de plancher est désormais clairement décrite. Le poids propre du système doit être ajouté aux sollicitations du vent lors du dimensionnement des fixations. À titre d’exemple, un complexe pesant 25 kg/m² ajoute une sollicitation de 250 Pa. Cette vérification doit être effectuée avec les résistances prévues dans le DTA ou l’Avis Technique du système.
Avant tout perçage, l’entreprise doit également vérifier la présence éventuelle de réseaux, de fluides ou de conduites de gaz. Le chevillage dans les poutres structurelles n’est pas admis. Lorsque la zone située au-dessus de la sous-face est exposée à l’eau, comme un balcon ou une terrasse, son étanchéité doit être contrôlée ou réalisée avant la pose de l’ITE. Fixer un isolant sous un support qui laisse passer l’eau revient à enfermer le futur désordre derrière l’enduit.
La V4 apporte aussi un cadre plus pratique pour l’état du support. Le collage en plein reste adapté aux supports présentant un écart maximal de 5 mm sous la règle de 2 m. Les configurations par boudins et plots ou calées-chevillées peuvent permettre de travailler jusqu’à 15 mm, sous réserve des prescriptions du système. Cette tolérance ne rend toutefois pas la planéité gratuite : plus le mur est irrégulier, plus la consommation de produit et le temps de réglage doivent être anticipés dès le devis.
Enfin, le traitement des départs devient plus lisible. Lorsqu’une ITE commence à plus d’un mètre du sol, le profilé de départ n’est plus systématiquement obligatoire. Le premier rang doit alors être réglé à l’aide d’un guide provisoire, la sous-face de l’isolant doit être enduite et un larmier ou profilé goutte d’eau doit être installé sur l’arête. À proximité d’un sol dur en pente, le PSE doit conserver un écart minimal de 10 mm et un simple démarrage posé au sol sur mousse imprégnée n’est plus admis.
Le document consacre par ailleurs un important carnet de détails aux terrasses sur plots, balcons, arrêts latéraux, acrotères, baies, joints de dilatation, raccordements avec un bardage et traversées d’équipements. C’est probablement là que la V4 sera la plus utile sur le terrain : non pas pour les grandes surfaces planes, mais pour tous les endroits où l’eau, les mouvements ou les ruptures d’isolation trouvent habituellement leur chemin.
Chevilles adaptées au support, isolant visé par le système, profilé goutte d’eau, rail de départ, cornière entoilée ou produit de calfeutrement : la conformité d’un chantier se joue souvent sur les accessoires commandés avant son démarrage.
Retrouvez chez ITE SHOP les isolants, fixations et profilés nécessaires à la préparation de vos chantiers d’isolation thermique extérieure.
La conséquence la plus importante de cette nouvelle version se situe probablement en amont de la pose. Le relevé de façade doit désormais permettre d’identifier précisément la nature du support, sa planéité, son état, ses anciens revêtements, les points singuliers, les départs, les zones en sous-face et les raccordements avec les équipements existants.
Ces informations conditionnent le choix du système, le nombre et le type de fixations, la méthode de collage, les quantités de mortier, les accessoires et le temps de main-d’œuvre. Une tolérance de 15 mm sur le support peut sembler confortable lors de la visite, mais elle peut aussi transformer la consommation de colle et le temps de réglage si elle n’a pas été intégrée au chiffrage.
Pour structurer ces postes sans oublier les tableaux de baies, les déports d’équipements, les profilés ou les zones particulières, un outil de devis spécialisé dans l’ITE peut faciliter la préparation du chantier. RENOGEST360 permet notamment de gérer les métrés de façade, les fournitures, les accessoires, les points singuliers et le suivi des travaux dans un même environnement.
La nouvelle version du CPT 3035 ne rend pas l’ITE plus compliquée. Elle rend surtout les choix techniques plus explicites. La pose verticale, le double panneautage, les parois courbes, les sous-faces ou certains départs deviennent plus faciles à envisager, à condition de les étudier avant le chantier.
Le bon réflexe reste donc inchangé : partir du support, choisir un système complet disposant d’un DTA ou d’un Avis Technique adapté, puis appliquer les prescriptions particulières de ce document. Lorsqu’une disposition du DTA diffère du CPT 3035 V4, c’est la prescription spécifique du système qui prévaut.
Le CPT 3035 V4 est le Cahier des Prescriptions Techniques qui définit les conditions générales d’emploi et de mise en œuvre des systèmes d’isolation thermique extérieure par enduit sur isolant, ou ETICS, faisant l’objet d’un DTA ou d’un Avis Technique. Il a été entériné en juin 2026 et remplace la version V3 de 2018.
Le document vise les panneaux en polystyrène expansé blanc ou gris, en laine minérale, en fibres de bois et en mousse phénolique. L’isolant doit obligatoirement être intégré à un système complet couvert par un DTA ou un Avis Technique en cours de validité.
Oui, le CPT 3035 V4 permet de juxtaposer des panneaux posés horizontalement et verticalement dans certaines configurations. Des schémas sont notamment prévus pour les formats de 1 200 × 600 mm et de 1 200 × 400 mm. Pour les autres formats, il faut vérifier les dispositions du DTA ou de l’Avis Technique.
Non. Le CPT fournit les prescriptions communes aux systèmes ETICS, tandis que le DTA ou l’Avis Technique précise les composants, les performances et les conditions particulières du système choisi. En cas de disposition spécifique différente, le DTA ou l’Avis Technique prévaut.